Dans la pièce de Suzanne Lebeau, Gretel est l’aînée. Elle est bousculée par l’arrivée de son petit frère, Hansel, qui la prive de l’amour exclusif de ses parents. La naissance du petit frère va, de plus, coïncider avec la pauvreté qui s’abat sur la famille. Pour Gretel, Hansel vole toute la nourriture, alimentaire comme affective. D’où un ressentiment tenace, une jalousie têtue. Le texte met en jeu cette ambivalence et cette violence des sentiments. Par trois fois, Gretel va être aux prises avec le désir inconscient de faire disparaître son frère. Cette violence résonne particulièrement aujourd’hui, à une époque où les enfants sont élevés comme des petits rois tout-puissants et où l’agressivité devient un mode d’expression. Gretel et Hansel pose cette question de l’acceptation de l’autre et du devenir de la relation frère-soeur.